N° 0000-Novembre 2007

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Quelles ont été les difficultés de départ ?
Comme toutes les PME existantes au Burkina Faso, ma principale difficulté de départ a été l’insuffisance de financement pour développer mon projet. J’ajouterai aussi l’absence d’un fonds de roulement. Des problèmes de constructions ont conduit le bailleur à entamer des travaux de plusieurs mois ce qui a entraîné la fermeture temporelle et le déménagement de mon entreprise. Ce fut une perte énorme de la clientèle et cela a occasionné le non-respect de certains engagements avec les
 
partenaires. Pour une jeune entreprise ce fut le premier coup dur inattendu dont l’entreprise est toujours entrain de s’en remettre. Comment y avez-vous fait face ?
Dès lors que je me suis résolu à embrasser le métier d’entrepreneur, je m’engageai du même coup à intégrer les difficultés dans ma vie quotidienne, donc à m’armer de courage, de détermination et de persévérance. Mon matériel a été endommagé à 70% pourtant il m’était difficile de trouver des financements complémentaires pour relancer l’entreprise. Pendant ce temps, les partenaires (banques, impôts, fournisseurs) vous mettent une telle pression qu’il peut vous arriver de regretter de vouloir entreprendre. Mais ne dit-on pas qu’entreprendre n’est pas un sprint, c’est un marathon ? J’ai mis mon personnel au chômage technique et durant quelques mois j’ai momentanément sous-traité avec d’autres entreprises en faisant des consultations et des formations. C’est cela qui m’a permis de remettre en chemin Lanvol.
Etes – vous satisfait de vos réalisations et interventions à l’heure actuelle ?
Parmi nos interventions, nous sommes heureux d’avoir pu apporter une assistance à plusieurs promoteurs dans le montage de leur projet d’entreprise et d’avoir mis en place un programme spécial de formation des étudiants et des jeunes diplômés en informatique et en entreprenariat. Nous avons aussi pu renforcer les capacités de plusieurs entreprises burkinabè à travers nos formations. Avec l’assistance de Lanvol, certaines de nos entreprises ont bénéficié de subventions chèque services de la Maison de l’Entreprise pour les formations de leur personnel.
 

Certes ce sont des réalisations qui rendent heureux mais qui ne peuvent totalement nous satisfaire parce qu’il existe encore d’énormes et importantes choses à faire.
Y a-t-il des difficultés actuellement ?
Les difficultés se déplacent en termes de priorité sinon elles restent éternellement intégrées à la vie de l’entreprise. Sur le plan financier, la situation n’a pas beaucoup évolué. Nous manquons toujours de financement pour les réalisations utiles pour l’entreprise mais aussi de fonds de roulement pour faire face à la gestion quotidienne de l’entreprise. Pourtant, une jeune entreprise qui veut faire ses preuves se doit de convaincre ses clients or les clients ne sont pas prêts à payer le service demandé qu’après l’exécution du service. Pour obtenir des marchés il faudrait connaître la méthode iceberg, c’est-à-dire combiner les accords
immergés du marché et les
accords non immergés du marché.
A tout cela il y a l’épineuse question
de la gestion des ressources
humaines. On trouve rarement le
personnel qui répond immédiatement
à la demande de l’entreprise.
Il faudrait donc le former et le laisser
le temps de comprendre le
fonctionnement de l’entreprise.
Une fois les compétences acquises,
il est facilement débauché par
le plus offrant et c’est une perte
pour l’entreprise.
Toutes ces difficultés sont gérées
au quotidien et ce n’est pas du tout
reposant.
Que pensez-vous de la situation de
l’emploi/chômage et de la formation
professionnelle dans notre pays ?
Au niveau des autorités :

Il n’existe
malheureusement pas de chiffre
présentant le taux du chômage
dans notre pays. Pour que l’Etat
développe une véritable politique
de l’emploi et de réduction du chômage,

 
il faudrait commencer par
actualiser les chiffres sur le chômage
au Burkina Faso et commanditer
des études sérieuses pour
mieux situer le problème.
Il existe une grande politique de formation
des jeunes à l’emploi mais
qui n’est en adéquation avec les
réalités du terrain c’est pour cela il
manque toujours de structures
pour recevoir ces jeunes. Un proverbe
burkinabé dit "ce n’est pas
parce que le bois a longtemps duré
dans le marigot qu’il se transformera
en caïman". Cela pour dire
que la formation professionnelle
devra être accompagnée de la culture
de l’entreprenariat.
Pour développer l’emploi et réduire
le taux de chômage, l’Etat devra
travailler à susciter plus de création
d’entreprises viables et durables.
C’est connu de tous, le premier
employeur n’est plus l’Etat mais le
secteur privé. Il y a certes des
avancées pour développer le secteur
privé mais du même coût il y a
eu une accélération des fermetures
des Pme/Pmi. Si nous faisons une
analyse de la situation, nous
remarquerons que les entreprises
ferment dans un délai relativement
court après leur création. Il revient
à L’Etat de se poser les bonnes
questions et trouver les réponses
sur mesure. Pensez à une véritable
relève entrepreneuriale de notre
pays devra être un choix prioritaire
des autorités.
Au niveau des structures d’appui et
ONG
:
Nous constatons qu’il existe
des structures d’appui et ONG qui
sont chargées d’informer, d’orienter
et de placer les jeunes. Ces
structures et ONG font un travail
remarquable pour accompagner
l’insertion des jeunes, la création
   
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Récipicé N° 2489/PF-Oua/CA-GI/OUA/P.F du 22/10/2007